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05/ 10/ 2009
Pourquoi nous humains, contrairement aux autres primates, marchons sur nos deux jambes ?
La réponse sur l'origine de la bipédie viendrait naturellement de l'étude d'un squelette qui révolutionne les notions de l'anthropologie : Ardi (“Mais vous m'avez dit de pas dire Ardiiiiiii !”). 
| Catégorie | Niveau de difficulté de compréhension |
|---|---|
Nature |
moyen |
Le docteur C Owen Lovejoy de l'université Kent est un professeur d'anthropologie à l'université de Kent. Il peut être fier d'avoir collaboré à l'étude du célèbre squelette de Lucy (pour l'anecdote, nommée ainsi car les découvreurs adoraient la chanson des Beattles “Lucy in the sky with diamonds”) , un Australopithecus_afarensis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_afarensis ) qui était bipède.
Ce Lovejoy vient également d'étudier en détail un nouveau squelette encore plus ancien qui révolutionne l'anthropologie.
En effet, cette Ardipithèque femelle ou Ardipithecus ramidus (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Ardipithèque sur Wikipédia) ou “ Ardi “ pour les intimes est vieille de 4.4 millions d'années, soit plus d'un million plus vieille que Lucy.
Que nous apprend “ Ardi “ sur nous?
Déjà comme Lucy, son aïeul Ardi marche sur ses deux pieds : c'est un bipède !
Il est donc un des membres de notre lignée évolutive, c'est-à-dire conduisant à notre espèce actuelle. L'espèce pouvait aussi se servir de ses 4 membres pour grimper aux arbres.
Lovejoy précise :
“ Les gens ont tendance à croire que nous descendons de quelque chose qui ressemble à un singe. En fait, c'est plutôt le contraire : les singes descendent de quelque chose qui ressemble plutôt à un humain, enfin, d'une lignée commune qui a donné l'humain. Une idée trop populaire est que les humains sont des sortes de chimpanzés modifiés.
En étudiant Ardi, nous avons appris surtout que nous ne pouvons apprendre ou modéliser l'évolution humaine à partir de l'étude des chimpanzés et des gorilles.”
Le problème avec la bipédie d'Ardi (bipédie qui n'a pas que des avantages, loin de là) est que cet hominidé se tient debout “au mauvais temps et endroit”.
En effet, la théorie la plus en vogue disait que notre ancêtre s'est un jour décidé à se mettre sur ses deux pieds lorsqu'il a quitté la forêt et s'en fut dans les herbes hautes de la savane.
Malheureusement pour cette explication, il s'avère qu'Ardi vivait dans un environnement boisé, bien plus frais et humide que le désert actuel.
D'où la question angoissante refait surface :
Pourquoi diable son espèce est-elle bipède alors qu'elle vivait encore partiellement dans les arbres ?
Lovejoy a une réponse rapide à cela : tout est lié à la nourriture ... et au sexe
Tant chez les singes modernes que probablement chez les ancêtres d'Ardi, les males devaient se mesurer les uns aux autres pour avoir accès aux femelles fertiles.
Du point de vue évolutif, le succès se mesure alors tout simplement en nombre de descendants.
Ce succès-là est principalement acquis par les males dit “Alpha”, les dominants, les “machos” diraient les féministes.
Ces males dominants ont de belles canines bien aiguisés et tentent de s'accoupler avec le plus possible de femelles fertiles.
Les femelles ont intérêt au départ à manifester leur potentiel, par exemple par des parties génitales gonflées ou autres manifestation de leur présente ovulation (rougeurs ostensibles chez les babouins par exemple).
Imaginons un male un peu moins puissant que les plus dominants mais un peu futé. Il va chercher à tenter une femelle à s'accoupler avec lui en lui apportant de la nourriture appétissante.
On a constaté tout récemment cela chez les chimpanzés (avec l'apparition de grands mots bien anthropomorphique comme “prostitution chez les singes”) avec de l'échange de viande (lire http://news.nationalgeographic.com/news/2009/04/090407-chimps-meat-sex.html, en anglais).
Chez les ancêtres d'Ardi, une telle stratégie aurait du mal à fonctionner si cela prenait du temps et exposerait aux prédateurs.
Les males pourraient cependant avoir bien plus de succès s'ils pouvaient tenir la nourriture entre leurs mains ...
Cela favoriserait une tendance à se déplacer sur deux jambes.
Les femelles pourraient alors préférer un male qui apporte régulièrement de la nourriture ... en dépit de canines plus petites (et alors que le male dominant a le dos tourné).
L'espèce Ardi a curieusement de petites canines (même chez les males, les experts ont déduit).
L'explication de Lovejoy sur le bipédisme en vient même à penser que ces hominidés étaient plutôt monogames.
Une autre pièce du puzzle pourrait alors devenir limpide.
Si la femelle savait à quel moment exactement elle est fertile, elle pourrait biaiser le système :
Le contrat de “nourriture pour du sexe” fonctionnerait ainsi le mieux avec un attribut que l'on retrouve typiquement chez les humains justement : l'ovulation cachée, non seulement aux males mais à la femelle elle-même.
La bipédie aurait donc peut-être pour origine le sexe !
C'est fort de café direz-vous mais rappelez-vous que Lovejoy (qui porte donc bien son nom lol) est un expert reconnu internationalement
Mais il y a peut-être plus troublant ...
Certains spécialistes pensent depuis quelques temps que les capacités incroyables de notre cerveau seraient également en rapport avec une “course aux armements” dans le jeu de séduction (lire “The mating mind” de Geoffrey Miller : http://en.co.nz/book/geoffrey_miller-the_mating_mind.pdf ).
Le fantastique cerveau humain serait alors à l'Homme ce que la magnifique queue arborée est au paon ?Source 1 :Actualité originale (pop-up, anglais)
Source 1 :Actualité originale (pop-up, anglais)
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CommentairesNewtoon a écrit 422 actus scientifiques.
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