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08/ 01/ 2010
Des chercheurs japonais et américains viennent de révéler une de ces petites surprises que nous réserve l'Evolution : 8 % du matériel génétique humain provient d'un virus, le bornavirus et non pas de nos ancêtres.

| Catégorie | Niveau de difficulté de compréhension |
|---|---|
Nature |
moyen |
C'est peut-être une nouvelle pour vous mais les spécialistes en génétique savent depuis longtemps que notre génome contient des gènes qui nous ont été apportés de l'extérieur, naturellement.
Le meilleur vecteur pour l'introduction de gènes dans notre ADN, ce sont a priori les virus.
Ces “parasites” dont on ne sait pas au juste s'ils appartiennent à l'ordre du Vivant ou non tellement ils sont frustres sont justement entièrement conçus pour cette action !
On commence même à réussir à se servir de cette machinerie virale pour nous soigner (dans le cadre de la toute récente stratégie thérapeuthique nommée thérapie génique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9rapie_g%C3%A9nique ).
Lorsqu'un virus s'insère dans le génome, le résultat est en général plutôt négatif pour l'hôte ; pas toujours, toutefois !
Ainsi, au moins deux fois dans l'évolution des primates (rappel : dont nous faisons partie), des rétrovirus ont inséré des gènes qui ont aidé à la fabrication de protéines qui participent au développement du placenta.
Définir ce qu'est un humain devient donc de plus en plus difficile et angoissant. Un “paléovirologue” américain, Robert Gifford déclare d'ailleurs :
Nous nous représentons de manière incorrecte la notion de ce que nous sommes en tant qu'espèce.
Notre ADN a incorporé au fil du temps les contributions génétiques de bactéries et d'autres organismes. Certaines des modifications de notre génome nous aident justement à combattre les infections présentes !
Les bornavirus (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bornaviridae) sont une classe de virus à ARN (pas d'ADN) qui causent principalement des maladies de nature neurologique chez les animaux comme les chevaux et les moutons : la maladie de Borna
On suppose d'ailleurs que l'infection de ce virus chez les humains pourrait causer quelques désordres (dépression, schizophrénie etc.) mais sans preuve définitive.
Toujours est-il que l'étude a montré que ce virus a inséré son matériel génétique au sein même de notre ADN il y a une quarantaine de millions d'années. Cela aide à mieux comprendre l'évolution conjointe des virus à ARN et celle de leurs hôtes mammifères.
On a donc constaté que le virus avait inséré son gène dans au moins quatre endroits différents du génome humain.
Des recherches sur le génome d'autres mammifères avait aussi montré que le gène s'était incrusté dans une grande variété d'espèces durant des millions d'années.
On savait déjà que certains rétrovirus avait laissé des traces moléculaires, des sortes de fossiles en gros, au sein des génomes infectés.
On savait aussi que les virus de type bornavirus actuels ciblent les cellules nerveuses.
L'étude a permis de montrer que ces virus sont capables d'infecter et d'insérer des gènes dans de nombreuses autres cellules. Si les nouvelles séquences génétiques insérées passent aux nouvelles générations, Il faut que l'infection intervienne dans les cellules qui fabriquent les ovules et le sperme.
Comme cette infection spécifique est le fait du hasard, on en déduit que les infections se sont répétées dans notre histoire.
Il se pourrait que le bornavirus pourrait être la source d'une autre mutation chez les humains, en particulier au sein des neurones. Pourrait-on expliquer ainsi l'apparition de la schizophrénie ? On ne sait pas bien encore.
Source 1 :Actualité originale (pop-up, anglais)
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